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Lens airshow 2019 : les avions à pistons... et à réaction


Le Lens Airshow, biennal depuis 2007, s’est tenu le 8 septembre 2019 sur l’aérodrome de Lens-Bénifontaine (Pas-de-Calais). La concurrence avec le meeting Air Legend de Melun (Seine-et-Marne) n’a pas eu d’incidence sur la fréquentation puisque 45 000 curieux et passionnés - soit le maximum de la jauge - sont venus admirer plus de 40 appareils vintage exposés en statique le matin. Puis les évolutions des warbirds, des avions de voltige et des patrouilles (dont la Patrouille de France, stationnée à l’aéroport de Lille-Lesquin) l’après-midi. 3E Partner vous livre l’extrait sec de cette journée parfois pluvieuse en faisant le focus sur les monomoteurs à pistons de la Patrouille Carnet de Vol (Pitts S-2B et Mudry-Apex CAP222), un bimoteur à pistons (Dassault MD.311 Flamant), et le bimoteur à réaction de la Patrouille de France (Dassault-Dornier Alpha Jet E)… Un avant-goût du meeting du centenaire du Musée et de l’Air et de l’Espace, le 29 septembre 2019, à l’aéroport de Paris-Le Bourget.


Photo 1 : Avion de chasse Sopwith Pup (UK) reconstitué. Premier vol : 1916. Moteur : Gnome et Rhône, 9 cylindres en étoile, 80 ch. Masse à vide : 358 kg. Vitesse max : 179 km/h. Plafond : 5 334 m. Rayon d’action : 500 km.


Photo 2 : Avion militaire d’entraînement Morane-Saulnier MS.317 (France). Premier vol : 1932. Moteur : Continental W-640K en étoile, 220 ch. Notez l’aile haute parasol.


Photo 3 : Avion militaire d’entrainement North American T-6 Texan (USA). Premier vol : 1935. Moteur : Pratt & Whitney R-1340, 550 ch. Masse avec armement : 2 548 kg. Vitesse max : 335 km/h. Plafond : 7 400 m. Rayon d’action : 1 175 km.


Photo 4a : Avion militaire d’entraînement Boeing-Stearman PT-17 (USA). Premier vol : 1936. Moteur : Continental R-670, 7 cylindres en étoile, 220 ch. Masse à vide : 878 kg. Vitesse max : 217 km/h. Plafond : 4 024 m.


Photo 4b : Les deux Boeing-Stearman de la patrouille Sierra Whisky au décollage. Pour un remake de « La mort aux trousses » d’Alfred Hitchcock ?

Photo 5 : Avions militaires d’entraînement Aero Vodochody L-39 Albatros (République Tchèque) de la patrouille Sparflex. Premier vol : 1968. Moteur : turboréacteur sans post-combustion Ivtchenko-Progress AI-25TL de 16,9 kN de poussée. Masse à vide : 3 459 kg. Vitesse max : 910 km/h. Plafond : 11 500 m. Rayon d’action : 1 100 km.


1. AVIONS MONOMOTEURS A PISTONS : PITTS S-2B ET MUDRY-APEX CAP222 (PATROUILLE CARNET DE VOL)


Le Pitts Special est un avion de voltige biplan conçu par Curtis Pitts, avec de nombreuses évolutions et variantes depuis son premier vol en 1944. Il a longtemps dominé les catégories supérieures de la voltige mondiale jusqu’à l’émergence dans les 1970-80 de monoplaces monoplan qui l’ont supplanté en catégorie « unlimited ». Cependant, les Pitts restent compétitifs de par leur allure inimitable et leur redoutable vivacité. Le Pitts S-2B est piloté par Bertrand Boillot, pilote chez Air France, ancien leader solo de la Patrouille de France, et champion de France de voltige en 1992.


Photo 6a : Avion de voltige Pitts S-2B (USA). Premier vol : 1944. Moteur : Lycoming AEIO-640, 6 cylindres, 260 ch.


Le Mudry-Apex CAP222 est un avion de voltige biplace d’entraînement et de compétition, construit intégralement en composites. C’est la version française du Giles G202 conçu par Akrotech, entreprise américaine qui a fait faillite en 1998. Ses performances permettent un taux de roulis élevé de 500°/s, supérieur à celui de monoplaces de compétition comme le CAP232. Cependant, les performances globales ne sont pas identiques, puisque le CAP222 a un moteur de 200 chevaux, contre plus de 300 pour les monoplaces. Le CAP222 est piloté par Eric Vazeille, pilote chez Air France, champion du monde de voltige en 2000 en catégorie « unlimited », et entraîneur de l’équipe de France de voltige aérienne depuis 2014.


Photo 6b : En rouge, avion de voltige Mudry-Apex CAP222 (France) pendant son « dog fight » avec, en bleu, le Pitts S-2B (patrouille Carnet de Vol). Moteur : Textron-Lycoming AEIO 360-A1E, 200 ch. Masse à vide : 480 kg. Vitesse maximale : 487 km/h.


Photo 7 : Patrouille belge des 3 Pitts. Vol dos et ventral.


Pour en savoir plus :

François Besse : « De L’Acrobatie A La Voltige », Editions Cépaduès, Collection Aérofocus, 2015.


2. AVION BIMOTEUR A PISTONS : DASSAULT MD.311 FLAMANT


Le Dassault MD.311 Flamant est un avion militaire de liaison et d’entrainement développé par Dassault Aviation à la fin des années 1940. Il a été construit à 325 exemplaires, en service dans l’armée de l’air française jusqu’en 1982, et dans quatre pays étrangers : Cambodge, Cameroun, Madagascar et Tunisie. Les MD.311 et MD.315 de l’armée de l’air française ont été engagés dans la guerre d’Algérie pour des missions d’attaques, armés de mitrailleuses, bombes et roquettes. Quelques exemplaires ont emporté des missiles Nord SS.11. Six ont été déployés pour stopper le coup d’état de 1964 au Gabon. Le modèle 311 se différencie du 312 et du 315 de par son nez vitré pour l’entrainement à la navigation et au bombardement. Il a effectué son premier vol le 29 mars 1948.


Le Flamant MD.311 immatriculé F-AZKT (n°260, construit en 1952) de l’Amicale des Avions Anciens d’Albert (Somme) est arrivé démonté du musée de l’aéronautique de Nancy-Esseyn (fermé en 1998), sur camion, en 2004. Après d’importantes réparations, il a été remonté, repeint aux couleurs « gris mouette » qu’il portait à l’école de navigation de combat de Toulouse Francazal dans les années 1960-70, et a fait son premier vol le 17 février 2005. Il est piloté par Claude Mercier, secrétaire des 4A et pilote d’Airbus A380 chez Air France. Ce cadet d’Air France 1990, aux 10 500 heures de vol, s’est notamment illustré en évitant un crash d’A380 entre Paris-Charles-de-Gaulle et L’aéroport international de Los Angeles le 30 septembre 2017 (explosion d’un des quatre moteurs alors que l’appareil survolait le Groenland).


Photo 8 : Avion militaire de liaison et d’entraînement Dassault MD.311 Flamant (France). Premier vol : 1948. Moteurs : 2 Snecma 12S en V inversé de 588 ch de puissance unitaire. Masse à vide : 4 250 kg. Vitesse max : 380 km/h à 1 000 m. Plafond : 7 000 m.


Pour en savoir plus :

Bruno Vielle, « Le Flamant Et Ses Dérivés », Lela Presse, Collection Profils Avions n°32, 2019.


3. AVION BIMOTEUR A REACTION : DASSAULT-DORNIER ALPHA JET E (PATROUILLE DE FRANCE)


L’Alpha Jet est un biréacteur biplace d’entraînement et d’appui tactique, conçu pour répondre à un programme établi en commun par les armées de l’air française et allemande. Destiné à succéder aux Fouga-Magister (France) et aux Lockheed T33 (USA), il est le premier avion réalisé conjointement par Dassault et Breguet, en collaboration avec la société allemande Dornier. Le programme de 1971 comprend une version française d’entraînement, la plus simplifiée possible, et une version allemande d’appui aérien rapproché et de reconnaissance du champ de bataille. Le premier vol du prototype 01 a lieu à Istres en 1973 : l’avion se révèle très manœuvrant et sans problème aux vitesses transsoniques. Le premier Alpha Jet E de série destiné à l’armée de l’air, qui en a commandé 175 exemplaires, effectue son premier vol à Istres en 1977 et entre en service opérationnel en 1979. La version « appui tactique » retenue par la Luftwaffe, qui en a également commandé 175, est livrée à partir de 1980. Performant et sûr, l’Alpha Jet remplace depuis 1981 les Fouga-Magister de la Patrouille de France. 512 appareils (dont 329 exportés) ont été produits pour 10 armées de l’air : France, RFA, Belgique, Egypte, Maroc, Togo, Cameroun, Qatar, Nigeria et Côte d’Ivoire.


La Patrouille de France, patrouille acrobatique officielle de l’armée de l’air française créée en 1953, est l’ambassadrice de l’aéronautique française à l’étranger. Stationnée sur la base aérienne 701 de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), elle est composée de 9 pilotes et de 35 mécaniciens. Elle ouvre traditionnellement le défilé du 14 juillet à Paris, à 9 Alpha Jet, et réalise une cinquantaine de démonstrations (20 minutes) à l’année : la première partie (« ruban ») alterne des changements de formation, et la seconde (« synchro ») des croisements en boxes ou en solo avec séparation des appareils. Trois nouveaux entrants sont cooptés chaque année parmi les pilotes de chasse de l’armée de l’air qui font acte de candidature (prérequis : qualification de chef de patrouille, plus 1 500 heures de vol sur avion à réaction). Le programme, ou « série », déterminé par le leader de la Patrouille de France est partiellement renouvelé chaque année. Il est laissé à l’appréciation de la commission de sécurité des vols avant sa validation par le chef d’état-major de l’armée de l’air au mois de mai.


Patrouille de France 2019 (LCL : lieutenant-colonel. CNE : capitaine. CDT : commandant) :

N°1 LCL Clément Racine (leader)

N°2 CNE Jean-Philippe Tanguy (intérieur droit)

N°3 CNE Romain Leseigneur (intérieur gauche)

N°4 CDT Samuel Lanos (charognard)

N°5 CNE Cyril Touzet (premier solo)

N°6 CNE Julien Le Page (second solo)

N°7 CNE Damien Bourmaud (extérieur gauche)

N°8 CNE Michaël Jost (extérieur droit)

N°9 CNE Benjamin Chanat (remplaçant)


Photo 9 : Avions militaires d’entraînement et d’attaque au sol Dassault Aviation - Dornier Alpha Jet E (France - Allemagne). Premier vol : 1973. Moteurs : 2 turboréacteurs à double flux Snecma Turbomeca Larzac 04C6 de 14,2 kN de poussée unitaire. Masse à vide : 3 345 kg. Vitesse maximale : 1 062 km/h (Mach 0,86). Plafond : 15 000 m. Rayon d’action : 1 230 km. Facteur de charge : +7,5 / -3 g.


Pour en savoir plus :

Xavier Capy et Joël Defecques, « Alpha Jet, 40 ans, 1973-2013 », Lela Presse, Collection Profils Avions n°27, 2014.

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